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dimanche 3 mars 2013

Maroc : la partialité du Code pénal marocain met les femmes et les jeunes filles en danger

Suite à la mort tragique d’Amina Filali en mars 2012 et l’indignation qu’elle a suscitée dans la société marocaine, les autorités ont modifié l’article 475 du Code pénal qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime. Mais de nombreux autres articles du Code pénal portent atteinte aux droits des femmes et doivent être modifiés.  

Des militantes manifestent à Rabat pendant la Journée internationale de la Femme 











 Suite à la mort tragique d’Amina Filali en mars 2012 et l’indignation qu’elle a suscitée dans la société marocaine, les autorités ont modifié l’article 475 du Code pénal qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime. Mais de nombreux autres articles du Code pénal devraient subir le même traitement afin que les femmes et les jeunes filles puissent être protégées contre la violence et la discrimination.En mars 2012, Amina Filali, une jeune Marocaine de 16 ans, s’est suicidée en avalant de la mort-aux-rats après avoir été forcée à se marier avec un homme qui l’avait selon elle violée.
L’histoire bouleversante d’Amina n’a rien de rare au Maroc, où l’article 475 du Code pénal permet aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime.

Toutefois, la mort tragique de cette jeune fille a trouvé un écho au sein de la société marocaine, et la vive émotion qu’elle a suscitée a poussé les autorités à proposer une modification de cet article de loi honteux en janvier 2013.

Les organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International se sont réjouies de cette initiative mais ont signalé que de nombreux autres articles du Code pénal devaient subir le même traitement afin que les femmes et les jeunes filles puissent être protégées contre la violence et la discrimination.

Atteintes aux « mœurs »

L'article 486 figure parmi les dispositions du Code pénal marocain contre lesquelles s’élèvent les organisations de défense des droits humains.

Sous la section dédiée aux « Attentats aux mœurs », il définit le viol comme un acte « par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci », passible de cinq à 10 ans d’emprisonnement.

Si la victime est une jeune fille mineure, une personne handicapée ou une femme enceinte, l’auteur encourt une peine de dix à vingt ans d’emprisonnement.

Les châtiments varient par ailleurs en fonction de la situation familiale de la victime ou du fait qu’elle soit vierge ou non ; l’article 488 prévoit ainsi des peines plus lourdes si une femme perd sa virginité lors d’un viol ou d’un « attentat à la pudeur ».

Dans le cas d’un viol, la peine prévue est alors de 10 à 20 ans de prison, contre cinq à 10 ans si la victime n’était déjà plus vierge.

Les militants estiment que la définition du viol doit être modifiée de sorte à omettre la référence au genre, et que la coercition inhérente à certaines circonstances, qui ne supposent pas forcément un recours à la violence physique, soit prise en considération.

Le viol conjugal doit également être reconnu comme une infraction spécifique.


Source:Amnesty.fr

Accord politique sur un Partenariat pour la mobilité

Le Maroc et l’Union européenne (UE) ont conclu les négociations sur une déclaration politique en vue de la signature prochaine d’un Partenariat pour la mobilité, a annoncé, vendredi à Rabat, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, le président de la Commission européenne a qualifié de «nouveau tournant» cet accord qui doit garantir une bonne gestion de la circulation des personnes à travers les frontières de l’UE et du Maroc.


«Aujourd’hui, nous lançons la négociation d’un accord pour faciliter les procédures d’octroi des visas pour certaines catégories de personnes, notamment les étudiants, les chercheurs et les hommes et femmes d’affaires», s’est félicité M. Barroso avant d’ajouter qu’«à long terme, on ne peut que soutenir une évolution vers une pleine mobilité des citoyens marocains sans visa, en tenant compte des relations globales entre l’UE et le Maroc et pour autant que les conditions d’une mobilité sûre et bien gérée soient réunies».
La relation riche qui lie le Maroc et l’UE dans de nombreux domaines va s’étendre au domaine de la migration et de la mobilité grâce à ce Partenariat, qui consiste en un ensemble de mesures à mettre en place pour garantir une bonne gestion de la circulation des personnes entre l’UE et le Maroc. Le Maroc est le tout premier pays du pourtour méditerranéen avec qui l’UE s’engage dans un tel partenariat. La déclaration politique agréée vendredi est un document qui présente les objectifs du Partenariat et qui reprend les priorités des deux parties. Au cours de l’année 2013, l’UE et le Maroc s’engageront dans les négociations sur le contenu même des accords qui composeront ce Partenariat pour la mobilité.
Ce Partenariat, qui touche tous les aspects liés à la migration et à la mobilité, vise à mieux informer les citoyens marocains possédant les qualifications requises sur les offres d’emploi, d’étude et de formation disponibles dans l’UE ainsi qu’à faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et universitaires. Le Partenariat vise, notamment, à lancer la négociation d’un accord pour faciliter les procédures d’octroi des visas pour certaines catégories de personnes, notamment les étudiants, les chercheurs et les hommes et femmes d’affaires.  L’UE va aussi aider le Maroc à renforcer sa capacité sur les plans législatifs, institutionnels et opérationnels dans tous les domaines liés à la migration, y compris pour prévenir et lutter contre la migration irrégulière, les réseaux de trafic de migrants et de traite d’êtres humains et à mettre en place un système national d’asile et de protection internationale.
Le Maroc et l’UE vont également travailler ensemble en vue de maximiser l’impact positif de la migration sur le développement. Ainsi, l’UE donnera un soutien renforcé aux initiatives de développement portées par les ressortissants marocains dans l’UE. Elle appuiera le Maroc pour mobiliser les compétences des binationaux afin de contribuer au développement du Maroc. L’UE et ses agences (EUROPOL, FRONTEX, le Bureau européen d’appui en matière d’asile, la Fondation européenne pour la formation) ainsi que 8 États membres de l’UE (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) proposent des initiatives concrètes pour mettre en œuvre ce partenariat et renforcer la coopération avec le Maroc sur tous les aspects liés à la migration et à la mobilité.

source:MAP