Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles

jeudi 7 mars 2013

Le Maroc s'engage en faveur de la préservation et la sauvegarde du patrimoine africain


 Le ministère marocain de la Culture et le Fonds pour le patrimoine mondial africain ont signé une convention établissant les modalités de coopération entre les deux parties dans les domaines du patrimoine et des industries culturelles, a rapporté jeudi l'agence de presse MAP.

Le Maroc s'engage en faveur de la préservation et la sauvegarde du patrimoine africain
 La signature de cette convention est intervenue à l'occasion d'une réunion, mardi à Rabat, des responsables du ministère avec une délégation comprenant le directeur du Fonds pour le patrimoine mondial africain, Webber Ndoro, le directeur du Patrimoine au ministère de la Culture et des Arts de l'Afrique du Sud, Irwin Langeveld, et la chargée de la Coopération internationale auprès du Fonds africain, Inge Herbert, indique un communiqué du ministère de la Culture.
Selon le directeur du Patrimoine au ministère de la Culture, Abdellah Alaoui, cette convention ouvre de larges horizons devant le partage de l'expérience marocaine avec les autres pays africains, notamment sub-sahariens, dans les domaines de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel et de gestion des sites classés patrimoine mondial de l'Unesco.
Intervenant à cette occasion, les membres de la délégation africaine, qui effectue une visite au Maroc du 3 au 7 mars, ont exprimé leur volonté de développer les relations dans les domaines du patrimoine et des industries culturelles.
Selon un communiqué, cette rencontre fait suite aux entretiens fructueux entre ces différentes parties qui ont eu lieu lors de la Conférence internationale pour la célébration du 40ème anniversaire de la Convention du patrimoine mondial en Afrique, qui s'est tenue en septembre dernier à Johannesburg.

source:Afriquinfos

Le Maroc et la Libye déterminés à renforcer leurs relations dans le domaine de l'industrie

Le Maroc et la Libye ont décidé de renforcer leurs relations dans le domaine de l'industrie et exploré les moyens d'investissement dans le secteur, ont affirmé mercredi le ministre marocain de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Amar, et son homologue libyen, Souleyman Ali Latif al-Faytouri.

Selon un communiqué publié par le ministère marocain de l'Industrie, à l'issue d'une séance de travail, les deux hommes ont évoqué les voies et moyens de renforcer la coopération bilatérale dans le domaine industriel, en mettant en place des sociétés et en renforçant les échanges de visites.
Le ministre marocain a affirmé que son pays était animé par un sentiment fort de mettre à la disposition de la Libye son expertise dans ce domaine, notamment en matière d'industrie textile.
Il a indiqué, à cet égard, avoir exposé à son homologue libyen les progrès enregistrés par le Maroc dans les secteurs de l'aviation, de l'automobile, de l'électricité et du transfert des services.
Il a annoncé la visite d'une délégation marocaine en Libye afin de prendre connaissance des opportunités d'investissement et de partenariat entre les deux pays.
De son coté, le ministre libyen de l'Industrie a indiqué que les deux parties étaient d'accord pour renforcer des programmes d'échange de visites et d'experts et salué les progrès enregistrés par le Maroc dans plusieurs domaines.

L'accord de libre-échange Maroc-Etats-Unis gagnerait à rééquilibrer la balance commerciale

Le ministre marocain de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, Abdelkader Amara a affirmé, récemment à Rabat, que l'Accord de libre-échange (ALE) entre le Maroc et les Etats-Unis gagnerait à rééquilibrer la balance commerciale, a-t-on appris jeudi d'un communiqué du ministère.

M. Amara a souligné, lors d'une réunion de travail avec l'ambassadeur des Etats-Unis Samuel Kaplan, l'importance de procéder à une évaluation de l'ALE, indiquant que le Maroc aspire à développer les échanges commerciaux sur la base d'une balance plus équilibrée.
"Le Maroc a eu le courage de signer de nombreux ALE persuadé de la nécessité de s'ouvrir sur l'économie internationale et de sa libéralisation pour la prospérité des nations", a-t-il précisé, notant l'intérêt capital de ces accords en matière d'"échange des opportunités".
La réussite des ALE imposent aux nations de se doter de "sagesse et de précaution" et d'opérer un processus graduel permettant de préparer leurs tissus productifs locaux et de parer aux impacts négatifs sur leurs économies, a-t-il estimé.
Le Maroc compte développer avec les USA une vision stratégique de l'ALE pour augmenter le flux des exportations nationales à 3 milliards de dollars et drainer 1 milliard de dollars d'investissements à l'horizon 2016, et reconduire les quotas établis notamment pour les produits du textile.
La réunion a également soulevé la préoccupation que suscite la contrefaçon qui, d'après une étude récente, représente un manque à gagner à l'économie nationale de 10 milliards de dirhams, a déploré M. Amara, mettant l'accent sur la nécessité d'impliquer la société civile et de mettre en oeuvre des actions notamment législatives.
Actuellement, le Maroc importe des Etats-Unis près de 3,5 milliards de dollars et exporte environ 900 millions de dollars, selon le communiqué.

source: Afriquinfos

dimanche 3 mars 2013

Politiques Mali: après Abou Zeid, les Tchadiens annoncent avoir tué l’islamiste Belmokhtar

L’armée tchadienne a annoncé avoir tué samedi le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar dans le nord du Mali, après avoir affirmé vendredi avoir tué l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelhamid Abou Zeid ce qui, si ces morts étaient confirmées, constituerait un sérieux revers pour les jihadistes.

Une capture d'écran non datée d'une vidéo où apparaît le chef islamiste Mokhtar BelmokhtarMokhtar Belmokhtar avait revendiqué l’attaque contre le site gazier algérien d’In Amenas le 16 janvier, suivie d’une prise d’otages. Selon Alger, 37 étrangers de huit nationalités différentes, dont trois Américains et un Algérien, y ont été tués par un commando de 32 hommes, dont 29 ont été tués et trois arrêtés.
«Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d’Ametetai», samedi à 12H00 locales et GMT, a affirmé le même soir l’armée tchadienne dans un communiqué, précisant que «plusieurs terroristes» ont été tués», dont le chef Mokhtar Belmokhtar dit +le borgne+».
Le décès de Belmokhtar a été salué - s’il est confirmé - par le républicain Ed Royce, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine. «Ce serait un rude revers pour l’ensemble des jihadistes opérant dans la région qui s’attaquent aux diplomates américains et aux salariés du pétrole», a déclaré M. Royce.
L’annonce de l’armée tchadienne intervient après celle vendredi par le président tchadien Idriss Déby de la mort d’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelhamid Abou Zeid, également tué par l’armée tchadienne, ce qui n’a pas été confirmée par Bamako, Paris ou Alger.
Mokhtar Belmokhtar est un ex-chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), organisation avec laquelle il est entré en dissidence en octobre dernier en formant sa propre unité combattante.
Le président Idriss Déby a déclaré vendredi soir que l’Algérien Abou Zeid avait été «abattu» par les soldats tchadiens au cours de violents combats dans les montagnes du nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.
«Pas de commentaire» concernant la mort d’Abou Zeid, a-t-on déclaré laconiquement samedi à la présidence française.
Des résultats de tests ADN, actuellement effectués en Algérie, devraient être déterminants, selon la presse algérienne. Des officiers des services de sécurité algériens ont identifié l’arme mais pas le corps présenté comme celui du plus radical des chefs d’Aqmi, a rapporté samedi le journal algérien El-Khabar.
Ces officiers qui «traquaient depuis des années Abou Zeid, ont authentifié son arme qui était en possession des Français, mais ils n’ont pas été en mesure d’identifier formellement le cadavre», écrit El-Khabar, ajoutant que ni les forces françaises, ni maliennes, n’ont pu identifier le corps.
En Mauritanie, en l’absence de réaction officielle, l’agence en ligne privée Sahara Médias a écrit samedi avoir «pu confirmer» à partir de sources «extrêmement bien informées» dans le nord malien la mort du chef jihadiste, sans cependant préciser ces sources.
Doutes sur la mort d’Abou Zeid
Mais des experts entretiennent des doutes sur la mort d’Abou Zeid.
Le journaliste mauritanien Mohamed Mahmoud Ould Aboulmaali relève que «les Algériens l’ont plusieurs fois annoncée par le passé et que le président tchadien avait besoin d’une pareille annonce pour remonter le moral de ses troupes et de son opinion» après la perte de soldats.
Matthieu Guidère, un universitaire français, professeur d’islamologie, note aussi que ni Aqmi, ni aucun réseau islamiste n’ont confirmé l’information. «Or l’expérience montre que les jihadistes ne cachent jamais leurs morts et en font immédiatement un martyr».
Il souligne que la source initiale de l’information sont les renseignements algériens. «L’objectif serait d’obliger Abou Zeid à communiquer pour démentir sa mort (...) et ainsi relocaliser sa piste grâce aux moyens de surveillance».
«Je suis extrêmement dubitatif tant que ce n’est pas confirmé officiellement par les Algériens», ajoute un autre spécialiste français, consultant sur le terrorisme, Jean-Charles Brisard.
Quoi qu’il en soit, l’annonce de cette mort relance les inquiétudes sur les otages français au Sahel dont au moins six sont détenus par Aqmi. Pascal Lupart, président du comité de soutien à deux otages enlevés en novembre 2011 au Mali, dit craindre que les otages se retrouvent aux mains de «seconds couteaux», si c’est bien Abou Zeïd qui a été tué.
M. Guidère estime que «quand les jihadistes sont attaqués, les représailles sur les otages sont quasi systématiques». C’est dans ce contexte militaire défavorable aux jihadistes que se situe l’annonce de la mort d’Abou Zeid.
Un responsable malien de la sécurité évoque «un coup dur pour Aqmi», tout en prévenant qu’elle «ne signifierait pas du tout sa mort ou sa fin». Cette organisation «est très structurée et peut sans doute amortir le coup», fait aussi remarquer Mohamed Mahmoud Ould Aboulmaali, directeur de l’agence privée mauritanienne en ligne ANI et spécialiste d’Aqmi.
Les islamistes ne s’avouent pas vaincus pour autant.
«Nous avons livré un combat sans merci aux troupes maliennes avec leurs complices français à 60 km à l’est de Gao vendredi», a déclaré à l’AFP le porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) Abou Walid Sahraoui;
Un soldat malien a affirmé au contraire que l’armée régulière y avait «détruit une base du Mujao» qui a eu «beaucoup de morts».

Source: Libération

Après le "record" d'un milliard d'euros pour le Maroc en 2012, la BEI veut "faire aussi bien" en 2013

Le vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Philippe de Fontaine Vive, s'est félicité, vendredi à Paris, du bilan de coopération de la BEI avec le Maroc qui a bénéficié, en 2012, d'"un montant record historique" de financements nouveaux d'un milliard d'euros visant à accompagner la mutation économique du Royaume.
Cette performance fait de 2012 une année "record" et "exceptionnelle" de coopération et "l'objectif européen pour 2013 est de faire aussi bien qu'en 2012", a-t-il déclaré à la MAP, en marge de la présentation à la presse du bilan annuel de l'action de la BEI, engagée depuis 2002, par l'intermédiaire de la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), son instrument d'expertise et de financement, en faveur du développement économique et social des pays méditerranéens partenaires.
Le Maroc, a-t-il assuré, reste le premier bénéficiaire de cette action et avec ce nouvel engagement "sans précédent" de près d'un milliard d'euros de financements, l'année 2012 témoigne, à ses yeux, de "l'engagement fort" de la BEI-FEMIP pour "accompagner la mutation vers une nouvelle forme de croissance plus inclusive et innovante au Maroc".
"C'est donc ce niveau d'intervention qui doit nous guider en 2013 pour trouver les occasions de points de croissance et de création d'emplois supplémentaires" dans le Royaume, a-t-il souligné.
586747_bei_philippe-fontaine-vive_16122012170749_medium"Nous avons au Maroc des interlocuteurs extrêmement expérimentés et compétents dans les différents centres d'excellence, qu'ils soient administratifs, dans les offices, les entreprises ou dans les banques, ce qui facilite le dialogue, parce que nous sommes vraiment dans une intégration technique, économique et financière euro-méditerranéenne et c'est ça qui rend la coopération extrêmement facile", s'est-il félicité.
Plus d'une dizaine de projets d'envergure ont ainsi pu être financés, selon lui, au cours de l'année 2012, dans des domaines aussi variés que les infrastructures de transport (avec notamment l'extension de routes rurales), l'industrie, l'agriculture, l'innovation technologique, l'énergie solaire, les secteurs éducatif et sanitaire, outre les actions entreprises dans le cadre du programme de rénovation des médinas (Fès, Meknès et prochainement Casablanca).
"Ceci montre à la fois que la BEI est bien là pour soutenir le processus de transition démocratique en cours et que le Maroc dispose d'offices efficaces et d'entreprises performantes pour, dans des secteurs extrêmement divers, être capable d'aller monter des projets innovants dont le plus emblématique durant l'année 2012 aura été la centrale solaire de Ouarzazate, dont nous avons coordonné le financement par les Européens", a-t-il précisé.
Premier grand projet solaire en Afrique du Nord, ce projet a été cofinancée par la BEI-FEMIP qui, en tant que chef de file européen, a mobilisé 330 millions d'euros pour ce projet, dont 100 millions de l'Agence française de développement (AFD), 100 millions de la KfW allemande et 100 millions de la BEI.
"Une première tranche" que le vice-président de la BEI espère voir suivie par d'autres projets portés par l'Agence marocaine de l'énergie solaire (MASEN).
Il relève l'importance de ce projet d'envergure de par son potentiel de production d'énergie d'origine renouvelable, avec une capacité potentielle de 500 MW, soit l'équivalent de l'alimentation d'une ville de 250.000 habitants, assurant qu'une fois intégralement réalisé, ce complexe sera l'un des plus grands au monde.

Source:Aufaitmaroc

UE-Maroc : Réadmettre les clandestins en échange de visas pour les Marocains

Manuel Barroso, président de la Commission européenne, en visite au Maroc, aujourd'hui, propose au Maroc d’accepter de réadmettre les clandestins subsahariens arrivés en Europe en passant par le royaume chérifien, en échange l'Union faciliterait l'accès aux visas pour les Marocains. Rabat serait enfin favorable à l'accord, mais des points de divergences opposent encore les deux parties.




 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cecilia Malmstromn commissaire européenne en charge des Affaires intérieures et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne sont en visite à Rabat, aujourd'hui, vendredi 1er mars. Objectif nodal de la Commission : faire en sorte que le Maroc accepte enfin de recevoir les migrants clandestins non marocains que l'Union européenne expulse, si ceux-ci sont passés par le Maroc pour arriver dans l'UE.
Si jusqu’ici l’UE n’avait fait que demander au Maroc d’accepter la réadmission des clandestins subsahariens sans lui proposer, du moins officiellement, de contrepartie, Manuel Barroso et son équipe arrivent avec une proposition concrète. « Pour la Commission, le deal porte sur des négociations de facilitation des visas », indique à l’Economiste, Stefano Manservisi, à la tête de direction générale « Mobilité et transports » de la Commission européenne (dite DG MOVE). Une information confirmée par le José Manuel Barroso dans une interview accordée au journal Le Soir, aujourd'hui : « l’objectif [est] de promouvoir la mobilité des échanges entre nos peuples et aussi de maitriser les flux migratoires dans notre intérêt commun », a-t-il souligné.
Rabat favorable
« Ce point a été bien compris par les amis marocains et c’est ce qui fait que nous allons maintenant aller de l’avant », affirme M. Manservisi. Après avoir refusé pendant des années cet accord de réadmission que l'UE veut lui imposer, le Maroc pourrait enfin y être favorable, maintenant que l’UE fait une offre intéressante. « Nous avons bien avancé sur les dispositions de cette déclaration et nous espérons qu’elle pourra être adoptée très rapidement », a indiqué à L’Economiste Menouar Alem, ambassadeur du royaume auprès de l’UE.
Selon le DG de la DG Move, le Maroc a pris son temps concernant ce dossier parce qu’il « ne voulait pas être traité de gardien de la forteresse Europe ». En juin, l'an dernier, le ministre des Affaires étrangères, Saad El Othmani avait été lui même refusé un tel accord : « sur la question migratoire, le Maroc refuse de jouer le rôle de gendarme de l’Europe, et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas signer l’accord relatif à la circulation des personnes », même si dans les faits, le plus discrètement possible, le Maroc assume souvent ce rôle. Il a été surpis plus d'une fois en train de recevoir, des mains de la garde civile espagnole, des migrants subsahariens parvenus clandestinement dans l'une ou l'autre des enclaves espagnoles.
M. Manservisi estime qu’il est, cette fois, fort probable que la rencontre de Rabat aboutisse « à un accord politique ». Si tel est le cas, le Maroc sera le premier pays en Afrique du Nord avec qui l’UE lancera des négociations de facilitation des visas.
Refuse de payer pour le laxisme algérien
Cependant, deux points importants opposent, actuellement, Rabat et Bruxelles. D’une part, l’UE souhaite l’abrogation des accords bilatéraux après la conclusion de celui sur la réadmission. Mais le Maroc estime que ces accords doivent rester valables, car ils « fonctionnent bien », relève l’Economiste, citant celui signé avec Madrid qui a permis la maitrise des infiltrations clandestines au niveau du détroit de Gibraltar.
D’autre part, le Maroc ne veut pas récupérer sur son territoire les clandestins non marocains qui sont passés par 5 ou 6 frontières africaines ou asiatiques avant d’atterrir au Maroc ». Citant une « source marocaine », le quotidien économique rapporte que le royaume chérifien « ne [veut] pas payer pour le laxisme des pays voisins quand on sait que 95% de l’immigration illégale passent par les pays voisins de l’Est ». Les négociations s’annoncent donc serrées.

Source:Yabiladi
 

Maroc : la partialité du Code pénal marocain met les femmes et les jeunes filles en danger

Suite à la mort tragique d’Amina Filali en mars 2012 et l’indignation qu’elle a suscitée dans la société marocaine, les autorités ont modifié l’article 475 du Code pénal qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime. Mais de nombreux autres articles du Code pénal portent atteinte aux droits des femmes et doivent être modifiés.  

Des militantes manifestent à Rabat pendant la Journée internationale de la Femme 











 Suite à la mort tragique d’Amina Filali en mars 2012 et l’indignation qu’elle a suscitée dans la société marocaine, les autorités ont modifié l’article 475 du Code pénal qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime. Mais de nombreux autres articles du Code pénal devraient subir le même traitement afin que les femmes et les jeunes filles puissent être protégées contre la violence et la discrimination.En mars 2012, Amina Filali, une jeune Marocaine de 16 ans, s’est suicidée en avalant de la mort-aux-rats après avoir été forcée à se marier avec un homme qui l’avait selon elle violée.
L’histoire bouleversante d’Amina n’a rien de rare au Maroc, où l’article 475 du Code pénal permet aux violeurs d’échapper aux poursuites s’ils épousent leur victime.

Toutefois, la mort tragique de cette jeune fille a trouvé un écho au sein de la société marocaine, et la vive émotion qu’elle a suscitée a poussé les autorités à proposer une modification de cet article de loi honteux en janvier 2013.

Les organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International se sont réjouies de cette initiative mais ont signalé que de nombreux autres articles du Code pénal devaient subir le même traitement afin que les femmes et les jeunes filles puissent être protégées contre la violence et la discrimination.

Atteintes aux « mœurs »

L'article 486 figure parmi les dispositions du Code pénal marocain contre lesquelles s’élèvent les organisations de défense des droits humains.

Sous la section dédiée aux « Attentats aux mœurs », il définit le viol comme un acte « par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci », passible de cinq à 10 ans d’emprisonnement.

Si la victime est une jeune fille mineure, une personne handicapée ou une femme enceinte, l’auteur encourt une peine de dix à vingt ans d’emprisonnement.

Les châtiments varient par ailleurs en fonction de la situation familiale de la victime ou du fait qu’elle soit vierge ou non ; l’article 488 prévoit ainsi des peines plus lourdes si une femme perd sa virginité lors d’un viol ou d’un « attentat à la pudeur ».

Dans le cas d’un viol, la peine prévue est alors de 10 à 20 ans de prison, contre cinq à 10 ans si la victime n’était déjà plus vierge.

Les militants estiment que la définition du viol doit être modifiée de sorte à omettre la référence au genre, et que la coercition inhérente à certaines circonstances, qui ne supposent pas forcément un recours à la violence physique, soit prise en considération.

Le viol conjugal doit également être reconnu comme une infraction spécifique.


Source:Amnesty.fr

Accord politique sur un Partenariat pour la mobilité

Le Maroc et l’Union européenne (UE) ont conclu les négociations sur une déclaration politique en vue de la signature prochaine d’un Partenariat pour la mobilité, a annoncé, vendredi à Rabat, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, le président de la Commission européenne a qualifié de «nouveau tournant» cet accord qui doit garantir une bonne gestion de la circulation des personnes à travers les frontières de l’UE et du Maroc.


«Aujourd’hui, nous lançons la négociation d’un accord pour faciliter les procédures d’octroi des visas pour certaines catégories de personnes, notamment les étudiants, les chercheurs et les hommes et femmes d’affaires», s’est félicité M. Barroso avant d’ajouter qu’«à long terme, on ne peut que soutenir une évolution vers une pleine mobilité des citoyens marocains sans visa, en tenant compte des relations globales entre l’UE et le Maroc et pour autant que les conditions d’une mobilité sûre et bien gérée soient réunies».
La relation riche qui lie le Maroc et l’UE dans de nombreux domaines va s’étendre au domaine de la migration et de la mobilité grâce à ce Partenariat, qui consiste en un ensemble de mesures à mettre en place pour garantir une bonne gestion de la circulation des personnes entre l’UE et le Maroc. Le Maroc est le tout premier pays du pourtour méditerranéen avec qui l’UE s’engage dans un tel partenariat. La déclaration politique agréée vendredi est un document qui présente les objectifs du Partenariat et qui reprend les priorités des deux parties. Au cours de l’année 2013, l’UE et le Maroc s’engageront dans les négociations sur le contenu même des accords qui composeront ce Partenariat pour la mobilité.
Ce Partenariat, qui touche tous les aspects liés à la migration et à la mobilité, vise à mieux informer les citoyens marocains possédant les qualifications requises sur les offres d’emploi, d’étude et de formation disponibles dans l’UE ainsi qu’à faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et universitaires. Le Partenariat vise, notamment, à lancer la négociation d’un accord pour faciliter les procédures d’octroi des visas pour certaines catégories de personnes, notamment les étudiants, les chercheurs et les hommes et femmes d’affaires.  L’UE va aussi aider le Maroc à renforcer sa capacité sur les plans législatifs, institutionnels et opérationnels dans tous les domaines liés à la migration, y compris pour prévenir et lutter contre la migration irrégulière, les réseaux de trafic de migrants et de traite d’êtres humains et à mettre en place un système national d’asile et de protection internationale.
Le Maroc et l’UE vont également travailler ensemble en vue de maximiser l’impact positif de la migration sur le développement. Ainsi, l’UE donnera un soutien renforcé aux initiatives de développement portées par les ressortissants marocains dans l’UE. Elle appuiera le Maroc pour mobiliser les compétences des binationaux afin de contribuer au développement du Maroc. L’UE et ses agences (EUROPOL, FRONTEX, le Bureau européen d’appui en matière d’asile, la Fondation européenne pour la formation) ainsi que 8 États membres de l’UE (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) proposent des initiatives concrètes pour mettre en œuvre ce partenariat et renforcer la coopération avec le Maroc sur tous les aspects liés à la migration et à la mobilité.

source:MAP

jeudi 28 février 2013

Maroc-Tunisie : jeu de miroirs

Rythmée par l’affrontement entre progressistes et islamistes, l’actualité tunisienne suscite au Maroc des parallèles hâtifs, des craintes fondées mais aussi de l’indignation à n’en plus finir. Serions-nous en train de vivre par procuration la montée de l’intégrisme ?

Islamisme. Maroc-Tunisie : jeu de miroirs 

 

Zineb, étudiante dans la vingtaine, se considère comme campée à gauche. Elle nous fait part de son désarroi : “J’ai suivi la révolution tunisienne assidûment et je trouvais ça fort. Puis, quand des salafistes ont attaqué l’ambassade américaine à Tunis, alors qu’à Casablanca, il y a juste eu un rassemblement pacifique, j’ai été contente, rassurée, plutôt fière que mon pays ne fasse pas la Une des journaux… Et quand ils ont tué Chokri Belaïd, j’ai pensé : là bas, c’est le chaos, la violence, ils vivent un problème grave d’intolérance. C’est ça les fruits d’une révolution ?” L’assassinat par balles d’un leader d’extrême gauche, Chokri Belaïd, le 6 février 2013, pas encore élucidé, mais attribué pour beaucoup aux islamistes, a définitivement exporté au-delà des frontières tunisiennes les questions de l’activisme islamiste sous sa forme salafiste et de la politique des conservateurs au gouvernement. Le site d’information tunisien nawaat.org le constatait en titrant : “Assassinat de Chokri Belaïd : onde de choc internationale”. Le Maroc officiel a condamné “vigoureusement l’acte terroriste” tandis que différentes organisations d’extrême gauche ont défilé devant l’ambassade tunisienne à Rabat pour saluer la mémoire de leur camarade. Au-delà de ces réactions attendues, l’évènement a révélé un malaise profond.

Un film, un assassinat…
Car si le décès de Belaïd a été une onde de choc internationale, bien ressentie au Maroc, depuis le début de la révolution, plusieurs évènements en Tunisie avaient déjà suscité différents sentiments dans le royaume, de l’effroi à l’indignation. Fin 2011, plusieurs Marocains signent, à l’unisson d’universitaires et de militants du monde entier, un “Appel pour soutenir les démocrates tunisiens”. Ledit appel circule pour dénoncer les agissements d’un “groupuscule d’étudiantes vêtues de niqabs et soutenues par des militants salafistes” empêchant la bonne conduite des cours dans une université tunisienne, la Manouba. Des heurts opposaient effectivement des étudiants sur la question du droit acté à s’asseoir sur les bancs de la fac en niqab. Les auteurs de l’appel ont beau rappeler eux-mêmes que les fauteurs de troubles ne sont qu’une dizaine de personnes tout au plus, ils n’en donnent pas moins un ton alarmiste à leur texte. En octobre 2011, lorsqu’éclate l’affaire Persepolis en Tunisie, la presse marocaine la relaie largement et le ton est à l’indignation. Des islamistes s’étaient en effet rassemblés devant les locaux de la chaîne tunisienne Nessma TV car cette dernière avait diffusé, en arabe dialectal, Persepolis, un film d’animation de la Franco-iranienne Marjane Satrapi, dans lequel on peut notamment voir une petite fille dialoguer avec Dieu, représenté sous les traits d’un homme immense et barbu. Qu’importe que le film ait été diffusé sciemment par une chaîne ouvertement anti-islamiste dans le but d’exciter son adversaire politique, à quelques jours des élections pour l’Assemblée constituante, et qu’au final cette tactique ait produit un effet exactement contraire à celui escompté, à savoir une augmentation de la popularité d’Ennahda. Peu de gens se sont attardés sur ces considérations et n’ont retenu que l’intolérance des manifestants. Et lorsque, au Maroc, le même dessin animé est déprogrammé d’un cycle de projections à la Cinémathèque de Tanger, sans plus d’explications, le parallèle avec la Tunisie est tout de suite dressé et certains lient les deux affaires pour fustiger “une montée de l’islamisme au Maghreb”.

Conservateurs vs modernistes
La vieille dichotomie démocratie contre autoritarisme aurait-elle disparue après le Printemps arabe, pour céder la place à l’opposition entre conservateurs et progressistes ? Selon le chercheur Mohamed Darif, le Printemps arabe a en effet permis d’opérer une clarification idéologique. Selon lui, “on voit actuellement s’affronter deux parties : les conservateurs et les modernistes, les premiers étant ceux qui ont le plus bénéficié du Printemps arabe. Avant, on parlait de démocrates et d’antidémocrates, aujourd’hui, on mobilise un nouveau vocabulaire pour parler de politique en Afrique du Nord”. De nombreux analystes et militants, de quelque bord que ce soit, nient que cette opposition soit la seule à subsister. Sarah Ben Hamadi, blogueuse et journaliste tunisienne, se dit “contre cette division progressistes/islamistes. La Tunisie a vécu des décennies sous la dictature. Une fois libres, nous nous sommes découverts différents, conservateurs, progressistes, islamistes, laïcs… Et nous devons exister ensemble”. Pourtant, au Maroc, les discussions et publications à propos de la Tunisie tournent quasi-exclusivement autour du sujet de l’islam politique et relèguent toutes les autres questions au rang de problèmes secondaires. La compliquée crise institutionnelle que vit en ce moment même la Tunisie ne semble pas intéresser outre mesure. On trouve peu d’informations à propos du recyclage d’anciens cadres de la dictature dans des partis “modernistes”, de l’inégalité de développement entre les régions, de la dette à l’égard de la France ou encore de la justice transitionnelle ; certaines de ces questions se posant pourtant chez nous. Et si les solidarités palpables et effectives entre Marocains et Tunisiens -notamment chez les militants de gauche- n’ont pas augmenté tant elles étaient déjà importantes sous Ben Ali, l’indignation et les solidarités “virtuelles”, elles, semblent exploser depuis l’arrivée au gouvernement des islamistes du parti Ennahda.
Et certains n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Sur la Toile marocaine, on retrouve nombre de déclarations hâtives à propos des islamistes tunisiens, qu’ils soient nahdaouis ou salafistes. “Dictature théologique”, “nouveaux ayatollahs”, “talibans”, lit-on ça et là, alors même que, pour le moment, rien ne prouve qu’Ennahda n’a pas pleinement accepté le jeu démocratique. Si beaucoup de Tunisiens ne pardonnent pas aux médias occidentaux l’entretien de peurs ou de fantasmes quant à l’islamisme, ils comprennent en revanche leurs voisins marocains. Bochra Bel Haj Hmida, féministe qui a démissionné du parti de gauche Ettakatol lorsque celui-ci a contracté un mariage de raison avec Ennahda, comprend “que des Marocains soient effrayés”. “Boukornine”, blogueur tunisien qui a vécu au Maroc il y a sept ans, abonde dans ce sens : “Je suppose que les Marocains sont tétanisés”, au regard de l’actualité tunisienne. Lui a manifesté durant la révolution, avec l’intégralité de l’opposition, y compris islamiste. Mais aujourd’hui, il accuse ces derniers d’attirer la société vers “des débats infertiles sur l’identité nationale”, de faire “de la bipolarisation de la société leur cheval de bataille, en l’absence de réel programme politique”.

Laboratoire politique expérimental
Au Maroc, les islamistes sont largement neutralisés par la monarchie via le statut de Commandeur des croyants de Mohammed VI. Difficile alors de savoir dans ce cas quel est leur programme réel. Mais la Tunisie nous permet de vivre “l’empowerment” islamiste par procuration. Hisham Almiraat, blogueur actif sur différents réseaux d’information citoyenne, n’est pas étonné par l’intérêt que suscite l’actualité tunisienne au Maroc. Selon lui, ce qui se passe là-bas “a un impact psychologique fort chez nous”. Et il enchaîne : “La Tunisie est à l’avant-garde, nous nous projetons dans ce que les Tunisiens vivent”. Ahmed Assid, chercheur mais aussi militant démocrate et laïc, concède que l’impact psychologique est fort chez les intellectuels, les artistes et les personnalités de la société civile, et que lui-même, “reçoit un nombre incroyable de communiqués à propos de la Tunisie, preuve que les gens s’y intéressent et que certains ont peur, se demandant si ce qui arrive là-bas peut arriver chez nous”. Samy Ghorbal, auteur, journaliste tunisien et militant progressiste, rappelle que le Maghreb “a une histoire commune et que les destins des pays sont liés”. Lui aussi comprend donc que les Marocains se questionnent sur l’avenir de la Tunisie. Et il se remémore un certain 14 janvier 2011, jour du départ de Ben Ali : “Je suis resté au téléphone plus d’une heure avec un ami marocain qui vivait déjà les évènements avec plus de passion que moi, ou presque”. Et pour certains, il n’est pas juste question d’impact inconscient mais de questions clairement posées. C’est le cas au Parti socialiste unifié (PSU), dont la secrétaire générale, Nabila Mounib, explique : “Pour nous, la Tunisie est une sorte de laboratoire expérimental et son actualité nous pousse à débattre de questions fondamentales”.
En effet, si on peut regretter que l’affrontement politique entre islamistes et modernistes occulte d’autres problématiques, l’expérience tunisienne n’en a pas moins remis sur la table, au Maroc, des débats de fond. La définition même de la démocratie est notamment rediscutée. Fouzia Assouli, féministe et présidente de la Ligue démocratique des droits de la femme (LDDF), avoue que l’actualité tunisienne et les débats autour de la place de la femme dans la société et de son statut légal a fait renaître chez elle les démons de l’année 2000, lorsque des milliers de personnes descendaient manifester contre la réforme de la Moudawana. Et elle assène : “Ce qui se passe en Tunisie rappelle à notre mémoire que la démocratie ne se cantonne pas au suffrage universel mais s’élargit à des principes comme l’égalité, le droit des minorités…” Et Mohamed Darif abonde dans ce sens : “Les modernistes de gauche ne peuvent plus se permettre, devant l’exemple tunisien, d’oublier que la démocratie n’est pas juste une procédure mais un système de valeurs”.

“Le Makhzen garant des libertés !”
L’auteur est un jeune Marocain, Fadel Abdellaoui, actif sur la “twittoma”, et la sentence n’est qu’un tweet. Et pourtant, elle est lourde de sens, car lâchée alors que les réseaux sociaux s’enflamment à propos de l’assassinat de Belaïd : “Ce qui me fait mal au cœur, c’est que beaucoup veulent l’échec des Tunisiens, pour prouver que nous, au Maroc, on avait raison”. Et il est vrai que, mise en vogue lors de l’adoption de la nouvelle Constitution, la fameuse expression, frisant le pléonasme, d’“exception marocaine” a retrouvé un regain de jeunesse dans la presse internationale et sur le Net. Pour certains, une fois de plus, le Maroc s’achemine en douceur là où les autres pratiquent le saut quantique au risque de se crasher. Ahmed Assid, qui n’adhère aucunement à l’idée d’une “exception marocaine”, n’en est pas moins certain que “le régime marocain, souple et flexible, apparaît comme un bon gestionnaire, par exemple sur le dossier salafiste où la répression a laissé place à une intégration”. Résultat, de nombreux salafistes marocains sont allés jusqu’à remonter les bretelles de leurs comparses tunisiens, les incitant à abandonner au plus vite l’action violente.
Youssef Belal, politologue et militant de gauche, affirme en effet qu’“il est un argument que l’on a déjà entendu après la révolution iranienne ou la guerre en Algérie et qui opère un retour : celui consistant à dire que le Makhzen est une sorte de garant de nos libertés individuelles et que, par conséquent, il faut le conserver et ne pas en diminuer la force. C’est un discours qui marche dans une bonne partie de la gauche, dans des partis comme le PAM et chez certains intellectuels”. Pour le chercheur, il n’est pas impossible que l’on revive d’ici peu “un retour de l’anti-islamisme éradicateur”, une ambiance similaire à celle de l’époque du procès Belliraj, les plus opposés aux islamistes trouvant dans l’actualité matière à communiquer. Mohamed Darif remarque aussi que si ce qu’il appelle “la violence matérielle” épargne le Maroc là où elle frappe la Tunisie, en revanche, la “violence symbolique” existe chez nous aussi, “au risque de voir éclore des discours éradicateurs de part et d’autre”.

Un camp démocrate en refonte ?
Mustapha Moâtassim est enseignant et leader du parti non reconnu Al Badil Al Hadari. Il se dit “islamo-démocrate” et a fait de l’alliance entre islamistes et progressistes de gauche une condition sine qua non à l’éclosion d’un mouvement démocratique marocain. Croyant encore et toujours à ce programme, il se veut avant tout rassurant. Pour lui qui connaît nombre de militants de gauche et islamistes tunisiens, le pays vit “une période grise, somme toute logique après une révolution”. Mais il reste persuadé que chacun saura bientôt trouver un terrain d’entente. Puis, timidement, il concède craindre, au Maroc, une désunion entre démocrates conservateurs et progressistes. Il redoute aussi que certains parmi ces derniers, “effrayés par ce qui se passe en Tunisie, ne fassent appel à des solutions autoritaires pour éviter une montée de l’islamisme”. Impossible de faire des projections mais une défiance s’est visiblement installée. Nabila Mounib nous explique : “L’assassinat de Chokri Belaïd a marqué un tournant. Nous sommes obligés de clarifier notre projet et de choisir nos partenaires et nos alliés dans la lutte démocratique. A un moment donné, il y a eu quelques ambiguïtés dans la rue, mais maintenant, nous devons nous efforcer à rassembler un front démocratique distinct des islamistes”. Et Youssef, un jeune étudiant casablancais d’une vingtaine d’années, qui se dit “de gauche” et qui a manifesté à Rabat et à Casablanca avec le Mouvement du 20 février, avoue : “Si des manifestations similaires avaient de nouveau lieu, je serais beaucoup plus sceptique sur une quelconque alliance avec les islamistes. Quand je vois qu’en Tunisie, dès qu’ils ont eu un peu de pouvoir, ils se sont radicalisés, ont commencé à tenir des discours haineux, je commence à me poser des questions sur nos islamistes qui assurent être de vrais démocrates, partisans d’un Etat civil…” Et d’enfoncer le clou : “Pas mal d’amis à moi, un peu moins politisés, l’avouent tout de go : ils préfèrent des autorités corrompues à de vrais durs contre lesquels on a l’impression de ne rien pouvoir faire !”.

Source : Telquel

 

 

Mali : jusqu'où peut aller le soutien du Maroc ?



Depuis le début de l'intervention des forces françaises dans le nord du Mali plusieurs pays ont apporté leur soutien. Le Maroc s'est lui aussi engagé politiquement aux côtés de la France mais jusqu'à quel point ?


A Malian carries on a cart on February 8, 2013 the corpse of a suicide bomber who blew himself up near a group of Malian soldiers in the northern city of Gao, where Islamist rebels driven from the town have resorted to guerilla attacks The act marked the first suicide attack in the embattled west African nation since the start of a French-led offensive to oust the Islamists from Mali's north, where they had controlled key towns for 10 months. AFP PHOTO / PASCAL GUYOT (Photo credit should read PASCAL GUYOT/AFP/Getty Images)



 


En autorisant  les bombardiers français à survoler son territoire, le Maroc a clairement affiché son soutien à l'opération militaire dans le nord du Mali, même si aucun soldat marocain n'a été envoyé sur le terrain. Jusqu'ou pourrait aller ce soutien du royaume qui est confronté à la question du Sahara-Occidental ? Maâti Monjib, Politologue et vice president du comité scientifique du Codesria, le conseil pour le développement et la recherche en sciences sociales en Afrique, basé à Dakar :
“Il me semble très difficile que le Maroc intervienne militairement, parceque l'Algerie s'y opposerait soit publiquement, soit du moins par ses services. Il y a vous savez un conflit algero-marocain à propos du Sahara occidental. Et l'Algerie verrait d'un très mauvais oeil une intervention militaire directe dans le nord du Mali, c'est a dire au sud des frontières algeriennes.”

 

Mohammed VI autorise les avions militaires français a survoler son territoire
Mohammed VI autorise les avions militaires français a survoler son territoire

Pour Maâti Monjib, si le soutien du Maroc ne va pas jusqu'à l'intervention militaire,  l'appui de Mohamed VI  à l'intervention de l'armée francaise a d'une manière ou d'une autre un lien avec la situation au Sahara occidental. Pour lui, l'interêt du Maroc à mettre un terme à la menace islamiste dans la région est surtout diplomatique :
“Que ce soit pour le Maroc et l'Algerie l'indépendance du nord du Mali et sa proclamation en Etat indépendant, ne pouvait pas être acceptable. Toute orientation vers le retour de la paix dans le nord du Mali, symboliquement et diplomatiquement, c'est aussi l'interêt du Maroc, mais c'est aussi l'intérêt de l'Algerie.“
Le retour à la normale au Mali semble donc être l'affaire de tous. Ce mercredi lors du sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO le Tchad, qui était invité, n'a  pas caché son impatience de voir les troupes ouest-africaines et maliennes se déployer dans le nord du Mali.

Source: http://www.dw.de/

Le Maroc au sommet de la Cedeao

 
 
Dans un message aux chefs d’Etat de la Cedeao, le Souverain réitère «l’importance stratégique que le Royaume du Maroc accorde à ses relations prioritaires avec la Cedeao»
 


Le Maroc au sommet de la Cedeao Rabat confirme sa politique de la main tendu.

LE Maroc participe au sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et dont la 42e session ordinaire s’est ouverte le 27 février en Côte d’Ivoire. Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a fait donc le déplacement à Yamoussoukro, une ville située à 230 km d’Abidjan. Cette présence vise aussi à donner au Royaume plus de souffle à son statut de membre observateur au sein de la Cedeao, créée en 1975.
Benkirane a fait part d’un message royal adressé aux chefs d’Etat de la Communauté de l’Afrique de l’Ouest.
Le Souverain y réitère «l’importance stratégique que le Royaume du Maroc accorde à ses relations prioritaires avec la Cedeao et ses Etats membres…». Et de souligner «la singularité de cette coopération Sud-Sud». Un tel intérêt a été consolidé dès 1999, année durant laquelle SM le Roi Mohammed VI a accédé au trône.
L’enseignement est l’un des axes forts de cette relation diplomatique. «Des milliers d’étudiants ouest-africains, boursiers de l’Etat marocain, poursuivent leurs cursus dans les universités et grandes écoles marocaines. Tandis que les programmes bilatéraux d’apprentissage et de formation professionnelle s’approfondissent», selon le message royal. Sans oublier «les dizaines de projets de coopération réalisés dans l’agriculture, l’eau, l’électricité, l’éducation et la santé». Le transport confirme à son tour les orientations diplomatiques de Rabat. Les pays de la Cedeao forment le noyau dur du réseau africain de la Royal Air Maroc. La compagnie va ouvrir incessamment une nouvelle ligne aérienne sur le dernier Etat membre, le Cap-Vert.
Le partenariat public-privé s’est également développé ces dernières années. Le Maroc est au 1er rang des investisseurs africains dans la sous-région. Des opérateurs privés, tels que Maroc Telecom, Attijariwafa bank, Cema Bois de l’Atlas, ont massivement investi dans le marché ouest-africain.
Sur le plan géopolitique, le Souverain exprime «un ardent souhait: voir bientôt les Etats maghrébins se présenter à vous, unis, solidaires et engagés, pour construire avec la Cedeao des relations inter-régionales fructueuses.
Les 5 pays de l’Union du Maghreb ont pu développer un dialogue avec les 5 pays européens de la Méditerranée occidentale et, au-delà, avec l’Union européenne. Pourquoi hésitent-ils encore à l’instaurer avec leur voisinage immédiat du Sud?» D’autant plus que «les espaces du grand Sahel et les territoires ouest-africains ouverts sur l’Atlantique forment une grande zone d’interdépendances croissantes.


Et où «la sécurité collective» pèse plus que jamais. Il suffit de citer le cas du Mali et l’émergence des trafics transnationaux d’armes et de drogues.
La crise aiguë qui secoue le Mali illustre «la pertinence d’une stratégie globale et collective auquelle le Maroc n’a cessé d’appeler, depuis des années». La résolution 2085 sur le Mali du Conseil de sécurité a été adoptée sous la présidence marocaine. Rabat entend poursuivre son action «en étroite concertation avec la Cedeao et avec les Nations unies». Il est surtout question d’aides humanitaires d’urgence pour des milliers de réfugiés maliens.

mercredi 27 février 2013

Droits humains : El Otmani défend le bilan du Maroc

Le chef de la diplomatie marocaine a conduit la délégation marocaine participant à la 22e session du Conseil des droits de l’Homme à Genève. Saâd Dine El Otmani, a mis en exergue les avancées réalisées par le royaume en matière de respect des droits humains sans pour autant réfuter l’existence de certaines défaillances.

La 22e session du Conseil des droits de l’Homme a réuni les représentants de l’ensemble des états membres de l’ONU.

La 22e session du Conseil des droits de l’Homme a réuni les représentants 
de l’ensemble des états membres de l’ONU.

Intervenant devant le segment de haut niveau de la 22e session du Conseil des droits de l’Homme, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a insisté sur les chantiers ouverts par le Maroc après l’adoption de la nouvelle Constitution. El Otmani a également souligné que plusieurs ONG ont établi des rapports sur la situation des droits humains dans le royaume. Ces rapports sont «pour les uns objectifs alors que d’autres sont ne sont pas équitables» a-t-il déclaré sur Al Aoula. Le ministre n’a pas manqué de rappeler que plusieurs rapporteurs ont effectué des visites au Maroc pour s’enquérir de la situation. Et d’ajouter que nous avons des dysfonctionnements, mais pas de recul.
Le Maroc soutient le système onusien
otmani-Erdogan

Saâd Dine El Otmani a aussi souligné le soutien et les efforts du Maroc en faveur du renforcement des mécanismes du système onusien des droits de l’Homme, tant par sa contribution au processus de création du Conseil et de révision de ses mécanismes, que par une participation active et efficace à ses différentes sessions. En témoigne la contribution du Maroc, conjointement avec l’Argentine et la Suisse, pour la création d’une Procédure spéciale sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-récurrence des crimes et des violations graves des droits de l’Homme. Le royaume a aussi organisé, en octobre 2012, une Conférence internationale, en collaboration avec le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme sur «L’interdiction de l’incitation à la haine nationale, raciale, ou religieuse» avec la participation d’un groupe d’experts éminents en la matière. Les travaux de cette conférence ont été couronnés par l’adoption du Plan d’action de Rabat, lancé officiellement, jeudi dernier à Genève, par le Haut commissaire aux droits de l’Homme. Et pour conclure, le ministre a évoqué la candidature du Maroc au Conseil des droits de l’Homme pour la période 2014-2016, en soulignant que cette présence au sein du Conseil permettra au Maroc de contribuer de manière plus efficace au renforcement du système onusien des droits de l’Homme, à un moment où la question des droits de l’Homme occupe une place centrale dans les relations internationales et constitue un pilier fondamental de l’action de l’Organisation des Nations unies.
Source: www.lesoir-echos.com